L.A.V.I.

LABORATOIRE ARTS VIVANTS INTERDISCIPLINAIREs

FONDATION CANADIENNE POUR L’INNOVATION-HEXAGRAM

L’idée du laboratoire

     L’idée fondatrice du LAVI est basée sur un pari : créer un théâtre / laboratoire scientifique entièrement dédié à l’étude de la corporéité expressive et de sa perception de la part des spectateurs afin d’étudier les transformations que l’art vivant opère sur son public dans une situation d’immersion en conditions écologiques de recherche. En effet, la plupart des recherches scientifiques sur la corporéité expressive s’effectuent dans des laboratoires qui ne sont pas des lieux faits accueillir de l’art et ne sont donc pas propices, à fortiori, pour observer les artistes ou la perception des gestes artistiques de la part du public. Même dans les rares cas où l’on est arrivés à effectuer une recherche en théâtre, c’est sur une très courte période et ce n’est quasiment jamais en situation d’immersion. À l’époque où l’on a formulé le projet il n’y avait aucun laboratoire-théâtre au monde dédié à ce type de recherches et équipé pour les effectuer. Le nom a été simple à trouver. L’art est au service de la vie ; en tant que chercheurs-créateurs nous pouvons rendre à la vie plus que de l’esthétique, en essayant créer de nouveaux savoirs qui viennent de la tentative de comprendre, justement,  l’impact de l’art sur la vie.

L’architecture physique          

Les financements de la Fondation Canadienne pour l’innovation doivent être alloués à l’achat d’infrastructures. Pour un tel projet j’ai donc conçu des infrastructures technologiques immersives modulaires et centralisées. En premier lieu d’un point de vue architectural. Grâce au regard d’Andrée Martin et le suivi méticuleux de l’équipe technique de l’UQAM nous avons imaginé un très grand espace immersif avec des écrans de 11 mètres de longueur et 6,5 mètres de hauteur tout autour du plateau, comme une white box. Les écrans sont fixés sur des rails, donc très facilement amovibles. Une fois libérées de ce qui les tend ils peuvent glisser donc comme des rideaux tout autour de la scène.  Mais, en plus, suspendus sur un deuxième rail proche du premier, des rideaux noirs ignifugés peuvent les cacher et les couvrir permettant d’avoir une black box par-dessus la white box. Les rideaux aussi étant sur les rails ils peuvent être tirés dans toutes les directions. Et grâce à un système d’échangeurs pensés au sein du système de rails, nous pouvons tout bouger, voire, tout stoquer replié en fond de scène. Nous pouvons donc avoir soit un théâtre à l’italienne classique, nu, les murs apparents, soit avec des rideaux noir, soit avec un, deux ou trois écrans dans toutes les configurations possibles. En plus, nous pouvons avoir une situation d’immersion ou les spectateurs.trices peuvent être à l’intérieur de la white box, près des performeurs.ses et plongés au centre de la scène.

LAVI white box
Configuration White Box immersive
LAVI Black box
Configuration Black Box
LAVI white bix système de rail échangeur
Système de rail et d'échangeur

L’architecture des médias

     Pour le travail de création qu’Andrée Martin et moi-même nous avonc commencé à faire et nous prévoyons d’effectuer dans le futur, il est important d’avoir une architecture des médias qui soit, elle aussi, modulaire et adaptable à nos différents projets. J’ai donc conçu une structure centralisée pouvant gérer en temps réel tous les médias : audio, vidéo et lumières, programmables sous Touchdesigner, Isadora etMax/Msp.

      Un puissant PC gère donc les lumières, les images des quatre vidoprojecteurs et le mapping sur les écran ainsi que les 10 enceintes placées dans le grill autour interactions en temps réel de tous ces éléments. Cette structure centralisée est rendue possible par le câblage interne parcourant tout le théâtre et par la distribution dans l’espace de hubs permettant de placer des prises Ethernet, audio et électriques aux quatre coins du plateau, sous les gradins, dans le grill technique en haut ainsi que dans le dégagement devant les loges des artistes. Une deuxième station informatique spécifique est prévue pour la lumière branchée sur une console lumières GrandMa2.

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Ordinateur central

 Les infrastructures scientifiques

     Au delà d’être un théâtre immersif bien équipé, modulaire et adaptable à n’importe quel type de création en arts vivants et en arts médiatiques, le LAVI est un laboratoire scientifique équipé d’une station de capture de données physiologique Biopac MP160 avec logiciel Acqnowledge pour l’enregistrement et l’analyse statistique de données physiologiques. Pour l’ntégration des données et des vidéos prises pendant les spectacles j’ai choisi le logiciel XT Observer Noldus avec le Advanced Analysis Module et le Media Module pour plus de flexibilité. Prochainement, le laboratoire sera doté d’un système de capture de mouvement à 16 caméras Phase Space.

Biopac sensors
Capture de données physiologiques Biopac
Acqnowledge
Acknowledge
XT Obsaerver screen
XT Observer

Historique

     En 2015, j’ai rejoint le Département de danse de l’UQAM en tant que professeur régulier non permanent avec le mandat de concevoir un projet de laboratoire artistique et scientifique en arts vivants pouvant être financé par la Fondation Canadienne pour l’Innovation et l’UQAM, grâce à la confiance reçue par le Vice-doyen à la recherche-création de la faculté des arts, Jean Dubois, et de la Doyenne de la Faculté des arts de l’UQAM, Louise Poissant. Le lieu alloué par l’UQAM est un théâtre professionnel de 250 places, situé au Pavillon K de l’UQAM, au 840 Rue Cherrier. Le projet a reçu l’appui de la Fondation Canadienne pour l’Innovation (FCI) Fond des Leaders John R. Evans avec un financement de 350.000 dollars environ. Il a été réalisé grâce au soutien d’une équipe mise à disposition par l ‘UQAM, et à l’apport de deux autres professeures en danse Andrée Martin (demanderesse principale) et Nicole Harbonnier.

     Le laboratoire LAVI (Laboratoire Arts Vivants Interdisciplinaires) a été financé en 2017 et les travaux de ont commencé en 2018. Le premier projet “L’équilibre homéostatique,  le créateur et le spectateur : une étude sur l’expérience transpersonnelle en arts vivants”, dont Andrée Martin est la chercheure-créatrice principale, et moi en tant que chercheur associé. Pour ce projet j’ai invité le professeur Alfonso Santarpia chercheur et clinicien de l’université de Aix-Marseille en tant que directeur scientifique de pa partie psychophysiologique du projet. Depuis fin 2019 Le professeur Santarpia est devenu professeur associé à l’université de Sherbrooke.