Dominique Porte est une interprète et chorégraphe très intéressante qui suit un chemin autour d’une danse qui se défait de l’idée de virtuosité quantitative. Ce sont l'(auto)ironie, l’intensité, et la pertinence de ses questionnements ainsi que l’absence de concessions à la facilité qu’elle de ses questionnements  

Hors je

     Hors je (2014) est une pièce chorégraphique ou Dominique Porte, chorégraphe et interprète se pose la question de comment continuer à créer sans se répéter et radoter. L’angoisse de la page blanche n’appartient pas qu’aux écrivains. Hantée par la peur de répéter encore et encore les mêmes schémas, de gestuellement radoter, Dominique Porte remet en question sa façon d’aborder la création. Pour ce solo, elle fait donc appel à une trentaine de personnes, danseurs et néophytes, à qui elle a transmis un phrasé chorégraphique en demandant à chacun de l’interpréter à sa façon. Ces fragments épars qu’elle fige sur vidéo, elle les endosse. Grâce à ce vol d’identité consenti, à tous ces êtres qui la nourrissent et qu’elle cannibalise, elle redéfinit ses propres limites, se déconstruit, marchant sur l’étroite ligne qui sépare ce qu’elle sait et ne sait pas faire. Entre séquence filmée et réinterprétation en direct, elle nous invite à une plongée dans son intimité, le spectateur se retrouvant aux premières loges de l’élaboration de la pièce tout autant que de l’œuvre elle-même. Par le prisme de l’Autre, investie par le rythme et les nuances de tous ces corps, Dominique Porte peut tenter de défier sa danse.

     Pour cette pièce, en outre que la dramaturgie j’ai conçu et programmé les dispositifs audiovisuels.